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DLP or not DLP, that is the question

La DLP fait partie de ces acronymes que l’on croise dans tous les projets de cybersécurité sans toujours prendre le temps de les expliquer.

5 min
`DLP or not DLP?

DLP or not DLP, that is the question

La DLP fait partie de ces acronymes que l’on croise dans tous les projets de cybersécurité sans toujours prendre le temps de les expliquer.

DLP signifie Data Loss Prevention, ou prévention des fuites de données. Son objectif est simple : empêcher qu’une information sensible quitte le périmètre de confiance de l’entreprise, volontairement ou non.

Numéros de cartes bancaires, données personnelles, informations RH, dossiers financiers, propriété intellectuelle ou secrets industriels : toutes ces informations représentent une valeur pour l’entreprise et peuvent devenir un risque lorsqu’elles sont partagées au mauvais endroit.

Sur le principe, tout le monde est d’accord.

Dans la pratique, les choses sont devenues plus complexes…

Parce qu’aujourd’hui les données ne restent plus dans un serveur de fichiers ou dans une messagerie. Elles circulent entre les applications SaaS, les outils collaboratifs, les assistants d’intelligence artificielle et surtout… les navigateurs web.

La question n’est donc plus uniquement de savoir si l’entreprise dispose d’une DLP.

La question est de savoir où cette DLP exerce réellement son contrôle.

Une même promesse, plusieurs approches

Toutes les solutions DLP poursuivent le même objectif, mais elles ne surveillent pas les mêmes endroits.

Solution

Point de contrôle principal

Cas d’usage typique

DLP Endpoint (Microsoft Purview, Forcepoint, Symantec…)

Poste de travail

Bloquer une copie vers une clé USB ou une impression locale

DLP Réseau / CASB / SSE

Réseau et services cloud

Contrôler les échanges avec les applications SaaS

Google Workspace DLP

Gmail et Google Drive

Empêcher le partage externe d’un document sensible

Chrome Enterprise Premium DLP

Navigateur Chrome

Bloquer un copier-coller vers ChatGPT ou une application non approuvée

Remote Browser Isolation (RBI)

Session web isolée

Empêcher qu’une donnée sensible ne quitte une application web protégée

Ce tableau montre surtout une chose : au fil des années, le point de contrôle s’est progressivement rapproché de l’utilisateur.

Google Workspace DLP : protéger les données au repos

La DLP de Google Workspace agit directement sur les contenus stockés dans Gmail et Google Drive.

Elle permet de détecter automatiquement des informations sensibles, d’empêcher certains partages externes ou encore d’appliquer des règles de gouvernance selon la nature des données.

Le principe est relativement simple : la donnée est déjà présente dans Google Workspace et l’objectif consiste à contrôler ce qu’il est possible d’en faire.

Cette approche répond parfaitement aux enjeux de conformité, de gouvernance documentaire et de collaboration sécurisée.

Chrome Enterprise Premium DLP : protéger les données en mouvement

Avec l’explosion des applications SaaS, le navigateur est devenu le principal espace de travail de nombreux collaborateurs.

CRM, ERP, plateformes RH, outils financiers, applications métiers, intelligence artificielle : tout ou presque passe désormais par une fenêtre Chrome.

Chrome Enterprise Premium déplace donc le contrôle directement dans le navigateur.

La solution peut empêcher un téléchargement, limiter une impression, bloquer un copier-coller ou encore encadrer certains usages des outils d’intelligence artificielle.

Ici, la donnée n’est plus protégée parce qu’elle est stockée quelque part.

Elle est protégée parce qu’elle est utilisée.

Et le RBI dans tout ça ?

Le Remote Browser Isolation (RBI) est souvent présenté comme une technologie distincte de la DLP.

Pourtant, dans certains scénarios, la frontière devient de plus en plus floue.

Lorsqu’une application est ouverte dans une session isolée, il devient possible d’empêcher les téléchargements, les transferts de fichiers, les copier-coller ou certaines interactions avec le poste de travail local.

Autrement dit, le RBI commence lui aussi à participer à la prévention des fuites de données.

La différence reste néanmoins importante.

La DLP cherche à comprendre et qualifier la donnée.

Le RBI cherche avant tout à isoler l’environnement dans lequel cette donnée est consultée.

Les deux approches sont différentes mais de plus en plus complémentaires.

L’exemple

Imaginons un commercial qui prépare son rendez-vous du lendemain.

Il consulte dans Google Drive un document contenant des informations clients, quelques données financières et l’historique des échanges.

Avant de partir, il a une idée :

“Tiens, je vais demander à Gemini ou ChatGPT de me préparer une synthèse pour gagner du temps demain matin.”

Après tout, la démarche est plutôt louable. Il ne cherche pas à voler des données. Il cherche simplement à être plus efficace.

C’est d’ailleurs souvent comme cela que commencent les sujets DLP.

Le plus grand risque DLP de 2026 n’est peut-être pas un attaquant externe.

Il porte un badge d’entreprise, participe aux réunions en visioconférence et cherche simplement à gagner quelques minutes sur sa journée en demandant à son IA préférée de résumer un dossier client avant son prochain rendez-vous.

Si le document est stocké dans Google Drive, Google Workspace DLP peut détecter les informations sensibles et empêcher certains partages externes.

Mais lorsque notre commercial copie une partie du contenu dans un assistant d’intelligence artificielle, le sujet change de nature.

Le document n’est plus en mouvement.

La donnée, elle, l’est.

C’est précisément à cet instant que Chrome Enterprise Premium DLP peut intervenir pour bloquer ou encadrer l’action.

Et si l’accès à l’application est réalisé via une session RBI, il devient également possible de limiter les téléchargements, les copier-coller ou certains échanges avec le poste local.

Trois approches différentes. Un même objectif.

Et maintenant ?

On peut multiplier les acronymes, empiler les briques et comparer les approches.

Mais au fond, la question reste assez simple.

Vos données circulent. En permanence. Entre vos outils, vos collaborateurs et des services que vous ne maîtrisez pas toujours complètement.

La DLP n’est pas une réponse unique à ce problème.

C’est une manière de reprendre un peu de contrôle, là où cela a encore du sens.

Parfois dans vos applications.

Parfois sur vos postes.

De plus en plus souvent dans votre navigateur.

Et demain, probablement ailleurs.

Parce que les usages continueront d’évoluer.

Et vos données, elles, continueront de bouger.